Témoignages

TOUS LES MADELINOTS CONNAISSENT L’HISTOIRE DU PONCHON :
ce baril de mélasse affublé d’une voile avec l’inscription « Winter Magdalen mail » brodée dessus.
Avec à son bord des lettres : témoignages d’existences en péril, des demandes d’aide, des prières, d’ultimes nouvelles données aux gens de la grand’ terre.
L’histoire, comme on le sait, se termine bien : le Ponchon aboutit au Cap-Breton, et les Madelinots sauvés de l’isolement et du drame qu’auraient pu causer une épidémie ou une famine…
Alcide Gaudet, l’initiateur de cette entreprise était mon arrière-grand-père. Sa plus vieille fille, Rose-Délima allait devenir mère supérieure aux ÎIes et porter le nom de mère Saint-Alcide. On lui doit notamment la pièce
« Il existe un coin charmant ».
Mon père ayant, comme vous le savez, hérité de ce prénom quasi mythologique dans ma famille, disons que j’ai grandi bercé par cette histoire. La bonne fortune à laquelle il faut parfois faire appel, une bouteille à la mer, chargée de l’espoir que les vagues et les vents de bon augure se chargeront de nous.
Voici que cette crise sanitaire, avec son lot d’incertitudes et d’angoisses, place toute la population mondiale en isolement.

Chacun sur son île, on essaye de garder courage.

Pour les Madelinots, dont l’isolement géographique présente d’énormes défis, les gens sont non seulement coupés du continent, mais pire encore, coupés les uns des autres.
C’est dans ce contexte que le Ponchon revient comme l’écho de l’espoir qui remonte de nos racines.